L’allaitement est souvent pensé après la naissance.
Pourtant, il s’inscrit dans une continuité qui commence bien avant : dans le rapport au corps, à la sexualité, au couple et à la place de chacun·e.
Si la préparation à l’accouchement aborde le corps qui donne naissance, la respiration ou la douleur, la sexualité pendant et après la grossesse reste encore trop rarement intégrée à cette préparation, alors qu’elle est profondément impactée par l’allaitement.
Anticiper ces enjeux permet de mieux traverser cette période, sans s’y perdre.
Allaiter mobilise intensément le corps de la mère.
Les seins deviennent centraux : ils nourrissent, apaisent, contiennent. Cette sollicitation peut être vécue positivement, comme un lien fort et sécurisant avec le bébé.
Mais elle peut aussi s’accompagner de réalités physiques éprouvantes :
Ces manifestations corporelles influencent directement la disponibilité au toucher et à la sexualité, sans que cela traduise un désintérêt pour le partenaire.
Le tire-lait, souvent indispensable, impose une organisation rigoureuse et répétée.
Il peut renforcer le sentiment d’un corps utilisé, réglé par des horaires, des volumes, des contraintes. Certaines femmes décrivent alors une difficulté à se sentir désirables, avec l’impression que le corps nourricier prend toute la place, au détriment du corps érotique.
Ce vécu est fréquent et mérite d’être reconnu.
Reprendre une activité professionnelle tout en allaitant confronte souvent la mère à une multiplicité de rôles :
La gestion du tire-lait, la fatigue, la charge mentale et le manque de temps peuvent accentuer une sensation de fragmentation identitaire.
Le désir sexuel peut alors être mis en pause, sans pour autant disparaître. Préparer cette étape en amont permet d’en réduire la charge émotionnelle.
Le ou la partenaire peut ressentir une profonde admiration face à l’engagement corporel de la mère.
Mais il ou elle peut aussi être déstabilisé·e par :
La présence du lait peut susciter des réactions contrastées : malaise, gêne, curiosité, voire fantasme, comme cela peut être le cas durant la grossesse.
Ces ressentis sont normaux, mais gagnent à être verbalisés.
L’allaitement peut renforcer une relation très étroite entre la mère et l’enfant, parfois accentuée par le cododo ou les tétées nocturnes.
Si cette fusion est souvent nécessaire et sécurisante pour le bébé, elle peut rendre la place du partenaire plus floue et réduire l’espace conjugal.
Le couple peut alors vivre :
Attendre que les difficultés s’installent n’est pas une fatalité. Préparer la sexualité pendant et après la grossesse, c’est :
La sexualité fait partie intégrante de la transition vers la parentalité.
L’accompagnement en sexothérapie pendant la grossesse offre un espace professionnel pour :
Il ne s’agit pas de prévoir chaque étape, mais de se donner des repères, des ressources et un espace d’écoute.
Après la naissance, lorsque le corps, le désir et l’intimité sont profondément transformés, la sexothérapie offre un espace professionnel pour être accompagnée sans attendre que les difficultés s’installent.
Elle permet de mettre des mots sur ce qui se vit après l’accouchement et l’allaitement, de soutenir la reprise de la vie intime, de rétablir le dialogue dans le couple et de retrouver une relation apaisée à son corps et à son désir.
Être accompagné.e à ce moment-là, c’est choisir de prendre soin de l’intime dès maintenant.
Allaiter transforme profondément le corps, la sexualité et la relation de couple.
Ces transformations peuvent être sources de richesse, mais aussi de vulnérabilité.
Les intégrer dès la grossesse, dans une préparation globale à la naissance, permet de vivre cette période avec plus de conscience, de continuité et de respect des rythmes de chacun·e.
Pour aller plus loin :
La prise de rendez-vous peut se faire avant ou dès les premières semaines après la naissance, en individuel ou en couple.
sandra-frieden-sexotherapeute.com