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Depuis juin 2026, les compétences des infirmiers et infirmières évoluent dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive.

Évaluation des besoins en santé sexuelle, prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), prescription de certains examens, contraception… 

Ces nouvelles possibilités renforcent la place des professionnels infirmiers dans le parcours de santé.

Mais concrètement, qu’est-ce que cela change pour les infirmiers libéraux, les infirmières libérales et leurs patients ? 

Et surtout, une consultation de santé sexuelle infirmière est-elle désormais remboursée ? La réponse mérite quelques nuances.

Une nouvelle place pour les professionnels infirmiers dans la santé sexuelle

Les textes entrés en vigueur en 2026 marquent une évolution importante du rôle infirmier.

Les infirmiers et infirmières peuvent désormais davantage intervenir dans le domaine de la santé sexuelle, notamment à travers l’évaluation des besoins, la prévention, l’information, le repérage de certaines difficultés et l’orientation des patients.

La santé sexuelle prend ainsi une place plus clairement identifiée dans les compétences infirmières.

Cela permet aux professionnels infirmiers d’aborder avec leurs patients des sujets parfois difficiles à exprimer : contraception, prévention des infections sexuellement transmissibles, dépistage, difficultés sexuelles ou encore orientation vers un autre professionnel de santé lorsque cela est nécessaire.

Que peuvent prescrire les infirmiers et infirmières en santé sexuelle ?

Les nouvelles dispositions permettent aux professionnels infirmiers de prescrire ou renouveler certains produits et examens dans le cadre défini par les textes.

Contraception

Un.e infirmier.e peut notamment :

  • renouveler une prescription de contraceptif oral dans les conditions prévues par la réglementation ;
  • prescrire des préservatifs ;
  • prescrire une contraception d’urgence ;
  • prescrire un dosage de bêta-HCG pour confirmer et dater une grossesse.

Concernant la pilule contraceptive, il s’agit bien d’un renouvellement encadré et non d’un droit général permettant à l’infirmier ou à l’infirmière d’initier librement n’importe quelle contraception orale.

Ces nouvelles possibilités peuvent néanmoins faciliter l’accès à la contraception et à la prévention.

Dépistage des IST : une évolution importante

La santé sexuelle ne concerne pas uniquement la contraception.Les professionnels infirmiers peuvent également prescrire certains tests de dépistage des infections sexuellement transmissibles, notamment pour :

  • le VIH ;
  • l’hépatite B ;
  • l’hépatite C ;
  • la syphilis ;
  • Chlamydia ;
  • le gonocoque.

Cette évolution peut faciliter l’accès au dépistage. Car parler de sexualité n’est pas toujours simple. 

Certaines personnes repoussent un dépistage, une question concernant leur contraception ou une consultation parce qu’elles ne savent pas vers quel professionnel se tourner.

Donner davantage de possibilités aux professionnels infirmiers permet donc de rapprocher la prévention du quotidien des patients.

Une consultation de santé sexuelle infirmière est-elle remboursée ?

C’est probablement l’une des principales questions que peuvent se poser les professionnels infirmiers libéraux. La réponse est : pas automatiquement. 

La reconnaissance de nouvelles compétences ne signifie pas qu’une consultation consacrée à la santé sexuelle bénéficie immédiatement d’une cotation spécifique permettant son remboursement par l’Assurance Maladie.

Autrement dit, un infirmier ou une infirmière peut aujourd’hui intervenir dans le champ de la santé sexuelle, réaliser de la prévention, évaluer les besoins, participer au dépistage et effectuer certaines prescriptions, sans que cela transforme automatiquement une consultation de santé sexuelle de 30, 45 ou 60 minutes en consultation remboursée.

Compétence professionnelle et rémunération conventionnelle sont deux choses différentes.

C’est un point essentiel à comprendre, notamment pour les professionnels qui exercent en libéral.

Alors, est-ce une révolution pour les infirmiers libéraux ?

Oui sur le plan des compétences. Plus progressivement sur le plan économique.

Dans la pratique libérale, cette évolution est intéressante parce qu’elle reconnaît davantage le rôle que les professionnels infirmiers peuvent jouer dans la prévention et l’accompagnement en santé sexuelle.

Le parcours peut désormais davantage s’inscrire dans une logique : écouter → évaluer → informer → prévenir → dépister → prescrire lorsque cela est autorisé → orienter si nécessaire.

Mais il reste une étape importante : celle de la valorisation financière de ces nouvelles compétences

La question du remboursement et de la rémunération des consultations infirmières devra continuer à évoluer avec les prochaines dispositions conventionnelles.

Et pour les patients ?

Pour les patients, cette évolution peut représenter une nouvelle porte d’entrée vers la santé sexuelle.

Une personne n’a pas forcément besoin d’attendre l’apparition d’un problème pour parler de sexualité.

La santé sexuelle concerne aussi :

  • la contraception ;
  • la prévention des IST ;
  • le dépistage ;
  • la vie sexuelle après une grossesse ;
  • les changements liés à l’âge ;
  • les difficultés sexuelles ;
  • le consentement ;
  • les violences sexuelles et sexistes ;
  • l’image du corps ;
  • le désir ;
  • l’intimité et la relation à l’autre.

Pouvoir parler de sexualité avec un professionnel de santé formé, dans un cadre confidentiel et sans jugement, fait pleinement partie de la prévention.

Et la sexologie dans tout ça ?

Il est important de distinguer santé sexuelle, soins infirmiers et sexologie.

Les nouvelles compétences des infirmiers et infirmières ne signifient pas que tous les professionnels infirmiers deviennent sexologues.

La sexologie nécessite une approche spécifique et peut également nécessiter, selon la situation, une orientation vers différents professionnels : médecin, sage-femme, psychologue, sexologue, gynécologue, urologue ou autre professionnel compétent.

L’intérêt de cette évolution est justement de favoriser une meilleure coordination entre les différents acteurs de la santé sexuelle.

Un professionnel infirmier peut être un interlocuteur de première intention, identifier une difficulté, apporter des informations adaptées, effectuer certaines actions de prévention ou de dépistage et orienter lorsque la situation dépasse son champ de compétences.

Une évolution qui ouvre une porte

Les nouvelles dispositions de 2026 ne transforment pas encore complètement le modèle économique des consultations de santé sexuelle.

Mais elles ouvrent une porte. Une porte vers une vision plus large du rôle des professionnels infirmiers, dans laquelle la santé sexuelle peut être abordée comme une composante à part entière de la santé.

La prochaine question sera donc probablement celle-ci : si les infirmiers et infirmières peuvent davantage évaluer, prévenir, dépister et accompagner en santé sexuelle, comment ces nouvelles compétences seront-elles demain reconnues et rémunérées ?

La réponse appartiendra notamment aux prochaines évolutions conventionnelles.

En attendant, une chose est certaine : parler de santé sexuelle devient progressivement plus naturel dans le parcours de soins. Et lorsque la sexualité peut être abordée sans gêne, sans jugement et sans tabou, c’est aussi une façon de prendre soin de la santé dans son ensemble.

À retenir

En 2026, les professionnels infirmiers peuvent notamment :

✔️ évaluer les besoins en santé sexuelle ;

✔️ repérer certaines difficultés liées à la sexualité ;

✔️ participer à la prévention et au dépistage des IST ;

✔️ prescrire certains tests de dépistage ;

✔️ prescrire des préservatifs ;

✔️ prescrire une contraception d’urgence dans les conditions prévues ;

✔️ renouveler certaines prescriptions de contraceptifs oraux dans le cadre réglementaire ;

✔️ prescrire un dosage de bêta-HCG.

Mais une consultation de santé sexuelle réalisée par un infirmier ou une infirmière n’est pas pour autant automatiquement remboursée par l’Assurance Maladie.

La santé sexuelle entre donc davantage dans le champ infirmier.

Reste maintenant à savoir comment ces nouvelles compétences seront valorisées dans l’exercice libéral.

Sandra Fondatrice d'Athéa


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