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Parler de violence dans le couple, ce n’est pas juger. C’est oser nommer ce qui n’a rien à voir avec l’amour. Parce que l’amour ne fait pas peur, ne contrôle pas, ne détruit pas.

Ce n’est pas une preuve d’amour de tout supporter. C’est un oubli de soi. 

Les différentes formes de violences conjugales

Violence verbale : Les insultes, les moqueries, les critiques, les humiliations. Elles usent la confiance jusqu’à faire douter de sa valeur. 

Violence psychologique : La manipulation, la jalousie excessive, le chantage affectif, la peur constante de déplaire. L’autre prend le contrôle, souvent en inversant les rôles. 

Violence économique : Refuser de contribuer, contrôler les comptes, empêcher l’accès à l’argent. L’argent devient alors une laisse invisible. 

Violence sexuelle : Quand le corps n’est plus libre. Quand l’acte sexuel devient une obligation ou une stratégie de domination. Faire l’amour sous contrainte ou par peur n’est jamais du désir. Ces violences laissent des traces profondes : honte, perte de plaisir, confusion entre désir et peur. 

Violence physique : Coups, gifles, menaces, objets détruits. Chaque geste ancre la peur dans le corps. 

Violence numérique et administrative : Contrôle du téléphone, surveillance des messages, interception du courrier, confiscation de papiers.

Pourquoi certaines personnes violentent… et d’autres acceptent

 La violence conjugale n’est pas une perte de contrôle, mais une prise de pouvoir

Chez l’auteur :  

  • peur de l’abandon,
  • besoin de domination,
  • schémas familiaux violents,
  • immaturité émotionnelle,
  • refus du partage.

Chez la victime :

  • attachement fort, espoir de changement,
  • culpabilité, honte, peur,
  • dépendance financière,
  • blessures anciennes qui rendent tolérable l’intolérable.
La victime ne manque pas de courage.
Elle est souvent fatiguée, isolée, privée de repères.

Les conséquences des violences conjugales

Les violences laissent des traces psychologiques, physiques et sexuelles. 

Physiques et somatiques

Les violences laissent une empreinte sur le corps :

  • troubles du sommeil,
  • Anxiété, peur
  • migraines, tensions, douleurs chroniques,
  • troubles digestifs,
  • fatigue persistante,
  • palpitations ou troubles hormonaux liés au stress prolongé.

Sexuelles 

Les violences intimes altèrent profondément la vie sexuelle :

  • Dysparunie : douleurs pendant les rapports, parfois insupportables.
  • Vaginisme : contraction réflexe du vagin rendant la pénétration impossible.
  • Perte de désir : le plaisir devient associé à la peur ou à la contrainte.
  • Difficulté d’excitation : le corps se ferme, se protège.
  • Troubles de l’érection : impossibilité ou difficulté à maintenir une érection dans un climat d’angoisse, de honte ou de peur.
  • Évitement de la sexualité : certaines personnes ne supportent plus d’être touchées, même tendrement.
Le corps garde la mémoire de ce qu’il a subi.
Mais il peut aussi, avec le temps et l’accompagnement, redevenir un lieu de vie, de confiance et de plaisir.

Comment reconnaître qu’on est dans une relation violente

  • Vous vivez dans la peur de “mal faire”.
  • Vous vous excusez souvent, même sans raison.
  • Vous évitez de parler à vos proches.
  • Vous n’avez plus de liberté financière.
  • Vos messages, déplacements ou papiers sont surveillés.
  • Vous vous sentez coupable de ses colères.
  • Vous ne vous reconnaissez plus.
Une dispute se résout.
Une violence se répète.

(PDF échelle des violences conjugales)

L’impact sur la sexualité et la relation à soi

Les violences détruisent la sécurité intérieure.

Elles créent une distance entre soi et son corps.

Certaines personnes disent “ne plus rien ressentir”, d’autres “ne pas supporter le contact”.

Le travail thérapeutique permet, peu à peu, de :

  • retisser le lien au corps,
  • redéfinir le consentement,
  • restaurer la confiance,
  • retrouver une sexualité choisie, apaisée, vivante.
Retrouver le plaisir, c’est d’abord retrouver la sécurité.

Partir : un chemin difficile mais possible

Quitter une relation violente demande du courage.

Ce n’est jamais simple, ni linéaire.

Mais des aides existent, financières, matérielles et humaines :

  • Aides financières d’urgence (CAF, Département, associations).
  • Hébergement d’urgence et logements sécurisés.
  • Aide juridique et accompagnement administratif.
  • Soutien thérapeutique pour la reconstruction psychique et corporelle.
  • 3919
Partir, c’est se choisir.
Et se choisir, c’est déjà guérir un peu.

Les risques pénaux pour l’auteur de violences

Les violences conjugales sont un délit, voire un crime.

Les peines peuvent aller jusqu’à :

  • 10 ans de prison,
  • amendes lourdes,
  • interdiction de contact,
  • stage de responsabilisation,
  • obligation de soins,
  • perte de la garde des enfants.

Quand on est témoin : comment aider

  • Écoutez sans juger.
  • Restez disponible et bienveillant.
  • Parlez du 3919 ou des associations d’aide.
  • Accompagnez si besoin à un rendez-vous, une plainte, une démarche.
  • Restez présent dans la durée.
Le silence protège la violence.
La parole sauve.

Se reconstruire : un long chemin vers soi

Se reconstruire après une relation violente demande du temps et beaucoup de douceur.

Le corps garde la mémoire, le cœur reste méfiant, les relations futures portent souvent les cicatrices du passé. Certaines personnes peinent à faire confiance, d’autres ressentent de la peur à l’idée d’une nouvelle relation, ou n’arrivent plus à se laisser aller au plaisir.

C’est un chemin lent, mais possible.

Se reconstruire, c’est réapprendre à vivre sans peur, à aimer sans se perdre, à désirer sans se trahir.

Les violences conjugales ne concernent pas que les autres. Elles touchent des femmes, des hommes, des couples de tous milieux.

 Mais chaque pas vers la liberté est un acte d’amour envers soi.

 Si vous vivez ou avez vécu une relation violente, ou si ce texte résonne en vous, n’hésitez pas à contacter les organismes d’aide ou à me rencontrer pour un accompagnement en sexothérapie. 

Il est possible de se reconstruire. Pas à pas. Et surtout, jamais seul·e.

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