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Le sexe anal reste l’une des pratiques les plus entourées de tabous.

Beaucoup de femmes l’associent à la peur, à la douleur ou au jugement. Beaucoup d’hommes en sont curieux, parfois très curieux, sans jamais oser l’exprimer, de peur d’être perçus autrement ou incompris. 

Et pourtant… Lorsqu’il est encadré, expliqué et pleinement consenti, le sexe anal peut devenir une exploration intime, sensorielle et consciente. Une pratique qui s’appuie sur la communication, la confiance et le respect des limites de chacun.


Pourquoi le sexe anal est-il encore si tabou ? 

• “C’est sale” : une idée tenace qui associe l’anus uniquement à sa fonction digestive. Pourtant, une hygiène simple et douce suffit. 

Peur des selles : crainte fréquente, très humaine, souvent liée à un manque d’information. 

 Manque d’informations fiables. 

 Peurs physiques : douleur, blessure, perte de contrôle. 

Jugements sociaux : chez les femmes, peur d’être jugée ; chez les hommes, peur que le plaisir anal remette en question la virilité. • Expériences passées maladroites ou non consenties.


Anatomie et plaisir : ce que vivent les femmes et les hommes 

Chez les femmes : La zone anale est riche en terminaisons nerveuses. Le plaisir peut être externe (caresses, pression, chaleur) ou interne (sensations profondes, détente du périnée). 

Chez les hommes : La stimulation interne peut atteindre la prostate, zone érogène très sensible. Elle peut générer des sensations diffuses et profondes, sans lien avec l’orientation sexuelle.


Quand on parle de sexe anal, de quoi parle-t-on réellement ? 

Le sexe anal peut inclure : 

• caresses autour de l’anus 

• pression externe 

• stimulation du périnée 

• anulingus 

• pénétration avec le doigt 

• pénétration avec un jouet adapté 

• pénétration pénienne (si désirée) 

• sensations externes ou internes sans pénétration 

Tout peut être exploré de manière progressive et externe.


L’anulingus : plaisir, consentement et sécurité 

Précautions : 

  • consentement clair et enthousiaste,
  • hygiène minutieuse juste avant,
  • possibilité d’utiliser une digue dentaire pour réduire les risques infectieux,
  • ne jamais passer de l’anus à la bouche ou au vagin sans protection.

Cette pratique demande beaucoup de confiance, de douceur et de parole.


Le lavement : utile ou pas ? 

Il n’est pas obligatoire. 

En cas de lavement : 

• poire simple 

• eau tiède uniquement 

• pas de savon 

• arrêter si douleur 

• usage occasionnel


Les précautions indispensables pour une exploration respectueuse

1. Le consentement : toujours

Chaque geste doit être discuté, accepté et réversible.

2. Le lubrifiant

Indispensable, puisque cette zone ne produit pas de lubrification naturelle.

3. La lenteur

Le sphincter doit avoir le temps de se détendre. Aucune précipitation.

4. La communication

Dire “stop”, “ralentis”, “plus doucement” est normal et sain.

5. Le respect des limites

Un refus n’est pas un échec : c’est une frontière protectrice.


Les risques si c’est mal fait

L’objectif n’est pas d’inquiéter mais d’informer pour prévenir.

• Micro-lésions et douleurs

Souvent dues à un manque de lubrifiant ou à une pénétration trop rapide.

• Fissures anales

Si la zone est forcée, mal détendue ou trop sèche.

• Infections

En cas de passage anus → vagin sans protection, de mauvaise hygiène, ou de jouets mal nettoyés.

Perte de matière fécale (rare et temporaire)

Si le sphincter est trop étiré. 

Objets coincés : le risque le plus sérieux

Un objet sans base élargie peut remonter dans le rectum et rester coincé

Règle d’or : Seuls les jouets conçus pour la pratique anale doivent être utilisés. Jamais d’objet du quotidien.

NE PAS HESITER A SE RENDRE AUX URGENCES.


Parler du plaisir anal masculin : un enjeu important

De nombreux hommes aiment, ou aimeraient, explorer cette zone.

Ils en parlent rarement par peur du jugement.

Pourtant :

  • le plaisir anal masculin est physiologique,
  • la prostate est un organe érogène naturel,
  • la stimulation anale ne définit ni l’identité ni l’orientation sexuelle.

Aborder le sujet dans le couple ouvre à plus de confiance, de complicité et de liberté.


Consulter en sexothérapie, en cas de : 

• peurs, appréhensions, blocages 

• expériences douloureuses 

• difficultés de communication 

• manque d’informations 

• tabou pesant sur le couple 


Pour aller plus loin : 

Rendez-vous en présentiel et en visio en individuel ou en couple

sandra-frieden-sexotherapeute.com


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