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Les MICI : maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, bouleversent bien plus que la digestion.
Elles touchent le corps, l’image de soi, le désir, la relation à l’autre.
Et pourtant, la sexualité reste souvent absente des consultations médicales, reléguée au second plan, comme si elle devait attendre que “tout aille mieux”. Or, la vie intime ne se met pas en pause.

Elle se transforme, elle questionne, elle demande à être accompagnée.

Les MICI : de quoi parle-t-on ?

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Ce sont des maladies inflammatoires chroniques du tube digestif, évoluant par poussées et périodes d’accalmie.

Elles évoluent par poussées et rémissions, avec des manifestations variables :

  • douleurs abdominales
  • troubles digestifs chroniques
  • fatigue intense
  • interventions chirurgicales parfois nécessaires
  • stomie possible dans certains parcours

Ces maladies affectent le quotidien, l’image du corps, le rapport à soi… et à l’autre.

Les conséquences physiques possibles

Chaque parcours est unique, mais certaines réalités sont fréquemment rencontrées :

  • douleurs abdominales chroniques
  • fatigue profonde, parfois invalidante
  • diarrhées, urgences intestinales, fuites
  • perte de poids ou fluctuations corporelles
  • ballonnements, gênes digestives
  • chirurgie digestive, parfois avec stomie
  • lésions anales ou périnéales (fissures, fistules)

Ces manifestations ne sont pas anodines. Elles impactent directement la perception du corps… et l’accès au plaisir.

MICI, image corporelle et estime de soi

Le corps devient imprévisible.

Il peut faire mal, lâcher sans prévenir, se transformer visuellement (cicatrices, stomie, amaigrissement ou prise de poids liée aux traitements).

Beaucoup de personnes décrivent :

  • une perte de confiance
  • un sentiment de honte ou de dégoût
  • la peur de ne plus être désirable
  • le besoin de contrôler, d’anticiper, d’éviter

Or, le désir a besoin de sécurité intérieure. Quand le corps est vécu comme un ennemi, l’intimité devient fragile.

Sexualité et MICI : ce qu’il est important de savoir

La MICI n’empêche pas d’avoir une vie sexuelle, mais elle peut en modifier les contours.

Certaines difficultés fréquemment rencontrées :

  • baisse de désir liée à la fatigue ou à la douleur
  • peur des accidents digestifs pendant les rapports
  • douleurs pendant ou après les relations
  • évitement du corps nu
  • difficultés à se laisser aller

À rappeler impérativement

En cas de lésions anales, fissures, fistules ou inflammation active, le sexe anal est strictement contre-indiqué, sauf avis médical spécialisé.

Il ne s’agit pas de morale, mais de protection du corps et de prévention des complications.

MICI, grossesse et sexualité

Chez la femme, la question de la grossesse vient souvent réveiller :

  • des peurs liées au corps malade
  • des inquiétudes pour le bébé
  • des bouleversements hormonaux
  • une sexualité parfois mise entre parenthèses

Un accompagnement global permet de :

  • rassurer
  • adapter la sexualité pendant la grossesse
  • soutenir l’image corporelle
  • maintenir un lien de couple malgré les changements

La maternité n’efface pas le désir. Elle le transforme, parfois en silence.

Le rôle du ou de la conjoint.e

La MICI ne concerne jamais une seule personne. Elle impacte le couple, la communication, la spontanéité.

Le ou la partenaire peut ressentir :

  • de l’impuissance
  • de la peur de faire mal
  • de la frustration
  • de la confusion face aux changements

Les solutions médicales en lien avec la sexualité

Le suivi médical reste la base :

  • traitement de l’inflammation
  • prise en charge de la douleur
  • adaptation des traitements si effets secondaires (sécheresse, baisse de libido, fatigue extrême)
  • suivi chirurgical si nécessaire

Il est essentiel d’oser parler de sexualité avec son ou sa gastro-entérologue, même si ce sujet n’est pas spontanément abordé.

Hygiène de vie et accompagnement global

La sexualité ne dépend pas uniquement des médicaments.

Une approche globale peut améliorer nettement la qualité de vie intime :

  • écoute du rythme du corps
  • adaptation de l’alimentation selon les phases
  • gestion du stress et de la charge mentale
  • respect des temps de repos
  • reconnexion au corps autrement que par la performance
  • Exercices physiques adaptés 

Le corps inflammatoire a besoin de douceur, pas d’exigence.

Le rôle de la psychothérapie

Vivre avec une MICI peut générer :

  • anxiété
  • peur de l’avenir
  • sentiment d’injustice
  • colère, tristesse, isolement

La psychothérapie permet de :

  • déposer ce que la maladie fait vivre
  • apaiser le rapport au corps
  • travailler l’image de soi
  • retrouver une sécurité intérieure

Un esprit soutenu aide le corps à respirer autrement… et la sexualité aussi.

Pourquoi un accompagnement en sexothérapie ?

La sexothérapie offre un espace spécifique pour aborder ce que la maladie vient toucher dans l’intime, souvent sans mots ailleurs.

Elle permet notamment de :

  • renouer avec un corps parfois vécu comme hostile
  • apaiser la peur, la honte ou le contrôle
  • réinventer une sexualité adaptée à l’état de santé
  • retrouver du désir autrement
  • restaurer une intimité sécurisante dans le couple
  • sortir de la logique de performance

Il ne s’agit pas de “faire comme avant”, mais de créer une sexualité possible aujourd’hui.

Prendre rendez-vous

Si la MICI impacte votre vie intime, votre couple ou votre rapport à votre corps, il est possible de ne pas rester seul·e avec ces questions.

 Accompagnement personnalisé, en complément d'un suivi médical,  en cabinet ou à distance, adapté à votre situation et à votre parcours médical.

sandra-frieden-sexotherapeute.com




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