5 min lu

Le fantasme fait partie intégrante de la vie psychique et sexuelle.
Pourtant, beaucoup de femmes taisent une partie importante de leur imaginaire.


Elles ressentent, imaginent, vibrent intérieurement… mais n’osent pas le dire. Non pas par manque d’envie. Mais par honte, peur de blesser, éducation stricte, culpabilité, ou simplement par absence de mots.

Pourtant, nommer ses fantasmes est une manière de se réapproprier son désir, son corps et sa liberté intérieure.

Pourquoi les femmes ont-elles peur d’avouer leurs fantasmes ?

La honte héritée de l’éducation

Encore aujourd'hui, beaucoup de femmes ont été éduquées dans un modèle où :

  • le plaisir féminin est discret,
  • le désir doit être maîtrisé,
  • la femme “bien” ne parle pas de sexe,
  • la sensualité doit rester contenue.

Résultat : la femme apprend à désirer en silence.

La peur d’être jugée

“Et si je passe pour quelqu’un de trop sexuel ?”

“Et s’il me prenait moins au sérieux ?”Le fantasme touche la vulnérabilité profonde :

ce que l’autre pourrait penser d’elle.

La peur de blesser ou d’insécuriser le partenaire

“Il va croire qu’il ne me suffit pas.”

“Il va penser que j’ai envie d’autres personnes.”

“Il va se sentir remis en question.” Alors que le fantasme parle d’elle, pas du manque de l’autre.

La peur de ne pas savoir l’expliquer

Certaines femmes ressentent… mais n’ont pas les mots.

Le fantasme est vécu, pas toujours formulé.

La peur de traverser une limite

“La limite entre fantasmer et vouloir le vivre n’est pas claire pour moi.”

D’où l’autocensure.

La peur d’être « trop »

Trop intense, trop exigeante, trop sauvage.

Une peur directement liée aux injonctions faites aux femmes depuis toujours.


Les fantasmes que les femmes ont le plus peur d’avouer

Cette liste est réelle, fréquente, thérapeutiquement observée.

Ce sont les fantasmes les plus présents… mais les plus silencieux.

Faire l’amour dans un lieu inconnu

Pour l’adrénaline, la liberté, le sentiment de vivre hors cadre.

Prendre le pouvoir au lit

Guider, dominer, diriger – mais avoir peur de paraître « trop ».

Vivre une aventure avec un inconnu

Fantasme symbolique : liberté, renaissance, intensité sans histoire.

Être observée en train de se donner du plaisir

Le regard comme intensificateur de désir.

Observer son partenaire avec une autre

Rare, mais réel.

Besoin d’intensité psychique, pas d’infidélité réelle.

Faire l’amour avec une femme

Curiosité, sensualité, douceur féminine… pas forcément orientation.

Imaginer un plan à trois

Être désirée par plusieurs, sentir sa valeur décuplée.

Participer à un échange de rôles et de pouvoir (BDSM soft)

Être attachée, guidée, tenue, domptée avec douceur.

Le jeu de rôle extrême

Inconnus dans un bar, professeur/élève, massage sensuel…

Se réinventer sans conséquences.

Faire l’amour avec une personne célèbre

Symbolique : être choisie par quelqu’un “au-dessus”, ressentir sa propre valeur.

Comment commencer à parler de ses fantasmes ?

1. Choisir le bon moment

Jamais pendant l’acte.

Toujours en dehors, dans le calme.

2. Dire “je”, pas “tu”

“J’imagine parfois…”

“J’ai un fantasme que je n’ai jamais osé partager.”

“J’aimerais te parler d’un désir intérieur.”

3. Décrire l’émotion, pas la scène

Exemple :

“Ce fantasme me donne de la liberté.”

“Je me sens puissante quand je l’imagine.”

“Ce n’est pas que je veux le vivre, c’est l’énergie que j’aime.”

4. Rassurer

“Ce fantasme n’est pas une critique.”

“C’est un imaginaire, pas un projet.”

“J’ai envie de partager, pas d’imposer.”

5. Avancer par couches

Commencer par les émotions.

Puis l’ambiance.

Puis les détails si nécessaire.

Comment mettre en place ses fantasmes (en version réaliste, sécurisée, possible)

Tout fantasme n’est pas fait pour être vécu.

Mais beaucoup peuvent être transformés en expériences intimes adaptées et sécurisées. Voici une méthode simple.


1. Parler du fantasme avant de le vivre

Définir :

  • les limites,
  • ce qui est ok,
  • ce qui ne l’est pas,
  • l’intensité,
  • le rythme,
  • ce qui excite réellement.

Aucune improvisation totale dans les fantasmes tabous.

2. Créer une version « light » du fantasme

Souvent, les femmes ne veulent pas vivre la version brute du fantasme, mais l’énergie derrière le fantasme.

Par exemple :

Fantasme : inconnu → mise en place : jeu de rôle “inconnus dans un bar”.

Fantasme : plan à trois → mise en place : regarder une scène ensemble + imaginer verbalement.

Fantasme : domination → mise en place : bandeau, guidance verbale, mains fermes.

Fantasme : échangisme → mise en place : film, lecture, jeu de rôle, symbolique.

3. Installer un mot-stop

Même en BDSM soft ou jeu de rôle.

Un mot, un geste, un signe = arrêt immédiat.

4. Explorer… puis ajuster

Un fantasme vécu évolue.

Il faut en parler après :

“Qu’est-ce qui t’a plu ?”

“Qu’est-ce qui était trop ?”

“De quoi aurais-tu eu besoin ?”

5. Ne jamais se forcer

Un fantasme vécu sans désir partagé crée de la distance.

Un fantasme vécu en conscience crée de la complicité.

Dire ses fantasmes, c’est aussi dire sa vérité

Les fantasmes féminins ne sont ni dangereux ni honteux.

Ils sont un langage intime, une liberté intérieure, une énergie vivante. Les nommer, c’est s’honorer.

Les partager, c’est se relier.

Les vivre (quand c’est juste), c’est ouvrir une sexualité plus consciente, créative et vibrante. Le fantasme n’est pas un caprice. 


Pour aller plus loin

Si ces questions réveillent en vous quelque chose : un doute, une curiosité, une envie d’explorer votre imaginaire ou de comprendre ce que vos fantasmes disent de vous.

La sexothérapie peut offrir un espace sûr, bienveillant et profondément libérateur. Un accompagnement en séance vous aide à :

• comprendre la fonction symbolique de vos fantasmes,

• dénouer la honte ou la culpabilité,

• retrouver une relation apaisée avec votre désir,

• exprimer vos envies sans peur,

• et construire une intimité plus consciente, plus libre, plus vibrante.


sandra-frieden-sexoterapeute.com


Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.