La dyspareunie désigne une douleur ressentie pendant les rapports sexuels, au moment de la pénétration (dyspareunie superficielle) ou plus en profondeur (dyspareunie profonde).
Ces douleurs peuvent être ponctuelles ou récurrentes, physiques, émotionnelles ou mixtes. Elles ne relèvent jamais d’un manque de désir ni d’un problème “dans la tête” : elles sont bien réelles, et méritent d’être comprises et accompagnées avec bienveillance.
• Dyspareunie primaire : la douleur est présente depuis les premiers rapports sexuels. Elle peut être liée à une peur anticipée, un vaginisme, ou à des causes anatomiques ou hormonales.
• Dyspareunie secondaire : la douleur apparaît après une période de rapports non douloureux. Elle peut survenir après un accouchement, une infection, une chirurgie, une période de stress, un traitement ou une maladie chronique.
La dyspareunie a souvent plusieurs origines : physiques, psychologiques et émotionnelles. Ces dimensions s’entremêlent, car le corps et l’esprit dialoguent en permanence.
• Sécheresse vaginale liée à la ménopause, au post-partum, à certains traitements hormonaux (notamment en cancérologie) ou à des pathologies comme le diabète.
• Infections vaginales (mycoses, vaginites, cystites) ou inflammations pelviennes.
• Cicatrices après accouchement, chirurgie ou radiothérapie.
• Endométriose, maladies pelviennes chroniques ou spasmes du plancher pelvien.
• Effets secondaires de médicaments (antidépresseurs, antihypertenseurs, anxiolytiques, traitements hormonaux).
• Traitements contre le cancer : chimiothérapie, hormonothérapie, radiothérapie peuvent altérer la lubrification et la souplesse des tissus.
• Anxiété, peur de la douleur, peur du jugement, ou difficultés à se détendre.
• Stress, fatigue, charge mentale, difficultés de couple ou perte de communication.
• Violences conjugales, abus sexuels ou traumatismes passés, parfois anciens, que le corps continue de “retenir”.
• Rapport compliqué à son corps, honte, culpabilité, perte de confiance ou baisse de désir.
La dyspareunie peut profondément affecter la vie d’une femme :
• Baisse du désir ou évitement progressif de la sexualité.
• Perte de confiance en soi et en son corps.
• Tensions dans le couple, incompréhension ou culpabilité.
• Isolement émotionnel, sentiment d’anormalité ou de honte.
La première étape est toujours un bilan médical complet. Un·e gynécologue, sage-femme ou médecin pourra :
• Rechercher et traiter une cause organique.
• Proposer des soins locaux (lubrifiants, hydratants, traitements hormonaux).
• Recommander une rééducation périnéale, une kinésithérapie pelvienne, ou un ajustement de traitement.
Des approches complémentaires (relaxation, yoga du périnée, sophrologie, acupuncture) peuvent également soutenir le processus de guérison.
En parallèle du suivi médical, la sexothérapie aide à :
• Comprendre le lien entre la douleur, le corps et les émotions.
• Apaiser la peur de souffrir et rétablir la confiance.
• Réapprivoiser la sensualité et le plaisir à son rythme.
• Travailler sur la communication dans le couple, la lenteur, la respiration.
• Restaurer une image corporelle positive et apaisée.
La sexothérapie permet de réconcilier le corps et le cœur, et d’ouvrir à nouveau la voie vers une sexualité consciente, douce et vivante.
Le cerveau enregistre la douleur : plus elle se répète, plus elle devient un réflexe de protection. Même la simple idée d’un rapport peut alors réveiller cette mémoire. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas attendre : plus la prise en charge est précoce, plus la guérison est facilitée.
Si vous ressentez des douleurs pendant vos rapports, parlez-en à un professionnel de santé.
Et en complément du suivi médical, vous pouvez prendre rendez-vous au cabinet pour un accompagnement en sexothérapie, afin d’apaiser le lien entre votre corps, votre histoire et votre sexualité.
Votre corps ne vous trahit pas : il vous parle. Prenez le temps de l’écouter, de le comprendre, et de lui redonner confiance.
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