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Les mots domination et soumission fascinent autant qu’ils inquiètent. 

Ils évoquent des jeux de pouvoir, des ambiances intenses, des imaginaires sombres ou transgressifs.

Pourtant, dans un cadre sain, ces pratiques relèvent moins de la brutalité que d’un langage relationnel, où la confiance et le consentement deviennent les piliers de l’expérience.

Définir la domination et la soumission

Dans le BDSM, la dynamique domination / soumission (souvent appelée D/S) désigne un échange de pouvoir consenti, dans lequel :

  • Le dominant prend la direction, donne le cadre, guide.
  • Le soumis accepte de se laisser conduire, d’obéir ou de s’abandonner, mais toujours dans un choix conscient.

La domination saine n’a rien à voir avec la violence ou l’humiliation non désirée.

La soumission saine n’est ni une faiblesse, ni une absence de volonté. 

Ce sont deux rôles complémentaires, temporaires, définis à l’avance et pratiqués avec respect.

Les catégories BDSM liées à la dynamique D/S

Le BDSM englobe un ensemble de pratiques :

Bondage – Discipline – Domination – Soumission – Sadisme – Masochisme.

Dans cette grande famille, la dynamique D/S fait principalement référence à :

  • Le power play : jeux psychologiques, ordres, protocoles.
  • Le contrôle du plaisir : rythme, positions, interdits temporaires.
  • Le bondage : immobilisation consentie (cordes, menottes).
  • Le service : gestes, rituels, comportements dédiés au dominant.
  • Le sadomasochisme (parfois) : lorsqu’il s’agit d’intensifier les sensations.

Chaque couple choisit ses propres règles : la D/S peut être très douce ou très intense, très érotique ou très symbolique.

Ce que signifie ce fantasme

Contrairement à ce que l’on croit, le fantasme D/S n’est pas d’abord un désir de douleur ou de violence . Il touche souvent à des thèmes profonds :

Pour la personne soumise :

  • le besoin de lâcher le contrôle,
  • l’envie d’être portée, guidée, enveloppée,
  • un désir d’abandon maîtrisé,
  • la recherche d’intensité sensorielle,
  • parfois la réparation symbolique de blessures.

Pour la personne dominante :

  • le plaisir de guider, structurer, tenir,
  • la sensation de puissance calme,
  • la responsabilité du cadre,
  • la connexion très forte avec le partenaire.

Dans tous les cas, il s’agit moins d’un rapport de force que d’une mise en scène du pouvoir, où les deux partenaires trouvent leur place.

La posture du dominant

Un dominant sain n’est pas violent. Il est présent, ancré, stable. Sa posture repose sur :

  • la maîtrise de soi,
  • une communication claire,
  • l’écoute du corps de l’autre,
  • l’assurance tranquille,
  • la gestion du cadre,
  • la capacité à arrêter immédiatement si nécessaire.

Le dominant n’écrase jamais : il guide.

Il n’impose jamais : il propose.

La posture du soumis

Le soumis n’est pas passif : il est réceptif, attentif, volontaire. Il adopte une posture intérieure faite de :

  • conscience de ses limites,
  • disponibilité au ressenti,
  • lâcher-prise choisi,
  • écoute,
  • confiance profonde,
  • présence au moment.

La soumission n’est pas “faire tout ce que l’autre veut” : c’est accepter ce qu’on a déjà validé ensemble.

Les accessoires fréquemment utilisés

Ils ne sont jamais obligatoires, mais peuvent enrichir l’expérience :

  • menottes, cordes, bandeaux,
  • collier symbolique (non obligatoire),
  • cravache douce, paddle, flogger,
  • sex toys utilisés sous direction,
  • accessoires sensoriels (plumes, glace, tissus).

Chaque accessoire doit être utilisé en connaissance des risques, et avec du matériel adapté.

Le but de ce fantasme

Pour la majorité des couples, le but n’est pas la violence : c’est l’intensité émotionnelle.

La dynamique D/S permet :

  • d’explorer une forme de lâcher-prise total,
  • de vivre une intensité sexuelle puissante,
  • de renforcer la confiance,
  • de jouer avec le pouvoir dans un cadre sécurisé,
  • de goûter à un désir plus instinctif,
  • de sortir du mental et de revenir au corps.

C’est une façon symbolique de dire : Je te fais confiance pour me guider.”

Les règles de sécurité : incontournables

Le BDSM sain repose sur un principe fondamental : SSC — Safe, Sain, Consensuel.

Safe word (mot d’arrêt)

Il stoppe tout, immédiatement.

Personne ne discute un safe word.

Consentement clair

Avant, pendant, après.

Il n’est jamais implicite.

Définir les limites

  • Ce que j’autorise
  • Ce que je refuse
  • Ce que je suis prête à explorer plus tard

Aftercare

Une phase essentielle : discussion, câlins, réassurance, eau, couverture.

C’est ce qui protège émotionnellement le couple.

Jamais laisser le soumis vulnérable seul

Sécurité physique et psychologique.

Utiliser du matériel sûr

Pas d’improvisation dangereuse.

Comment discuter de cette pratique avec un partenaire ?

La communication est le cœur de cette dynamique.

1. Exprimer ses curiosités

“Voilà ce qui m’attire, voilà ce que j’aimerais comprendre.”

2. Dire ce qu’on ne veut pas

Sans justification nécessaire.

3. Définir les limites et les envies

Ambiance, intensité, accessoires, scénarios possibles.

4. Choisir ensemble un safe word

Simple, clair, non ambigu.

5. Définir l’aftercare

De quoi a-t-on besoin une fois la scène terminée ?

6. Ajuster régulièrement

Le consentement n’est jamais figé : il se renouvelle.


Domination et soumission ne sont pas des jeux de violence : ce sont des pratiques relationnelles, où la confiance, l’écoute et le consentement forment la base de tout.

La D/S permet de vivre une intensité rare, un abandon conscient, une rencontre profonde entre deux corps et deux psychés.


Bien encadrée, elle peut devenir un espace de liberté, de désir, d’exploration… et parfois même de réparation.


Pour aller plus loin :

Consultation individuelle ou couple, en présetielle ou visio conférence

sandra-frieden-sexotherapeute.com



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