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Nous avons parfois tellement l’habitude de travailler, de répondre aux sollicitations et de rester disponibles que nous finissons par oublier une chose essentielle : nous avons aussi le droit de nous arrêter.

Couper son téléphone professionnel, désactiver les notifications, prévenir ses clients ou ses collègues que l’on sera injoignable… Ces gestes peuvent sembler anodins. 

Pourtant, ils peuvent transformer notre manière de vivre nos vacances, de profiter de nos proches et même de prendre soin de notre couple.

Je viens d’en faire l’expérience. Et cette pause m’a rappelé à quel point il est important de savoir se déconnecter réellement du travail pour se reconnecter à sa vie.

Se déconnecter du travail : un véritable besoin, pas un luxe

À l’heure où les mails, les appels et les notifications nous suivent partout, la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle devient de plus en plus floue.

Même lorsque nous ne travaillons pas officiellement, nous pouvons rester mentalement au bureau. Nous vérifions nos messages, nous pensons aux rendez-vous à venir, nous anticipons les réponses à donner et nous avons parfois cette sensation de devoir rester disponibles au cas où.

Le problème, c’est que notre cerveau ne bénéficie jamais d’une véritable pause.

Être en vacances ne signifie pas simplement changer de lieu. Cela signifie aussi pouvoir déposer ses responsabilités professionnelles pendant un moment.

Pour cela, il ne suffit pas toujours de décider de moins travailler. Il faut parfois poser des limites concrètes : couper son téléphone professionnel, désactiver les notifications et prévenir à l’avance les personnes qui pourraient chercher à nous joindre.

C’est précisément ce que j’ai choisi de faire pendant mes vacances.

Couper son téléphone professionnel pour profiter pleinement de ses vacances

Pour ma part, j’ai fait le choix de couper mon téléphone professionnel pendant une semaine. Plus d’appels, plus de SMS, plus de mails ni de notifications professionnelles. J’avais prévenu que je serais injoignable et que les prises de rendez-vous reprendraient à mon retour.

Cette décision m’a permis de ne plus être dans l’attente permanente d’une sollicitation. Je n’avais plus besoin de me demander si un message était arrivé, si je devais répondre rapidement ou si quelque chose nécessitait mon attention.

J’ai pu profiter davantage des visites, des découvertes, des moments partagés et de mes proches.

Et surtout, j’ai pu être pleinement présente. Car lorsque notre attention est constamment attirée par le travail, nous sommes physiquement quelque part, mais une partie de notre esprit reste ailleurs.

Se déconnecter, c’est accepter de ne pas être disponible à chaque instant pour pouvoir être vraiment disponible à ce qui compte.

Cela demande parfois un peu de préparation, mais aussi de lâcher prise. Tout ne nécessite pas une réponse immédiate. Tout ne dépend pas de notre intervention dans la minute.

Et le monde professionnel peut généralement attendre quelques jours.

Pourquoi avons-nous tant de mal à arrêter de travailler ?

Pour certaines personnes, le travail prend une place considérable dans leur quotidien. Même pendant les soirées, les week-ends ou les vacances, elles continuent à répondre aux mails, à consulter leur téléphone ou à anticiper les tâches du lendemain.

Derrière cette difficulté à décrocher, il peut y avoir plusieurs raisons :

  • La peur de prendre du retard ou de manquer une information importante.
  • Le sentiment d’être indispensable au bon fonctionnement de son activité.
  • La difficulté à déléguer ou à faire confiance.
  • L’habitude d’être constamment sollicité.
  • Le besoin de contrôle ou la crainte de décevoir.
  • Une charge de travail réellement trop importante.

Il ne s’agit pas nécessairement d’un manque de volonté. Certaines professions imposent de véritables contraintes, et les indépendants peuvent notamment avoir l’impression que leur activité repose entièrement sur leurs épaules.

Mais il est important de se poser une question : à force de vouloir être disponible pour tout le monde, quelle place nous reste-t-il pour nous-mêmes et pour les personnes que nous aimons ?

Être investi dans son travail est une qualité. Ne jamais pouvoir s’en détacher peut, en revanche, finir par avoir un coût sur notre équilibre personnel.

Quand le travail s’invite dans le couple

En tant que sexothérapeute, je rencontre régulièrement des situations dans lesquelles le travail occupe une place importante au sein du couple.

L’un des partenaires est constamment en train de répondre à ses mails, de consulter son téléphone ou de traiter un dossier. Le repas est interrompu par une notification. La soirée est ponctuée de vérifications. Le week-end devient une prolongation de la semaine de travail.

Parfois, le partenaire présent à côté de lui finit par avoir le sentiment de passer après le travail.Il ne s’agit pas toujours d’un manque d’amour. La personne qui travaille beaucoup peut être profondément attachée à son couple tout en ayant du mal à mettre des limites à son activité.

Mais les conséquences peuvent être bien réelles. À force de devoir attendre que l’autre termine, de voir les conversations interrompues ou les moments partagés passer au second plan, de la frustration peut s’installer.

L’un peut avoir l’impression de ne pas être une priorité. L’autre peut se sentir incompris, sous pression ou coupable de ne jamais en faire assez.

Petit à petit, le travail peut devenir un troisième élément dans la relation, toujours présent, même lorsque les deux partenaires sont ensemble.

Être ensemble ne signifie pas forcément être disponibles l’un pour l’autre

Partager le même canapé ne garantit pas un véritable moment à deux.

On peut dîner ensemble tout en répondant à des mails. On peut partir en vacances tout en continuant à gérer son entreprise. On peut passer une soirée côte à côte sans réellement échanger.

Or, la relation de couple a besoin de présence, d’écoute et de moments pendant lesquels chacun peut sentir que l’autre est disponible.

Cela ne signifie pas qu’il faut être constamment fusionnels ou tout faire ensemble. Il s’agit plutôt de préserver des espaces de qualité, dans lesquels le travail ne vient pas systématiquement interrompre la relation.

Le couple a besoin de temps, mais aussi d’attention.

Quel est l’impact de la déconnexion sur le désir et l’intimité ?

L’intimité ne se résume pas à la sexualité. Elle se construit aussi dans les petits gestes du quotidien : une conversation sans interruption, un regard, un rire partagé, un moment de tendresse ou une promenade à deux.

Lorsque l’esprit reste accaparé par les obligations professionnelles, il peut être plus difficile de se rendre disponible émotionnellement et physiquement. Le stress, la fatigue et la sensation de devoir toujours faire quelque chose peuvent aussi laisser peu de place à la détente, à la spontanéité et au désir.Il ne faut pas en déduire que le travail est systématiquement responsable d’une baisse de libido. 

Le désir est multifactoriel et dépend de nombreux éléments, notamment de la santé, du contexte émotionnel, de la qualité de la relation et de la charge mentale.

Néanmoins, lorsque le travail envahit constamment le temps personnel, il peut contribuer à réduire les occasions de se retrouver.

Le désir ne se commande pas, mais nous pouvons créer des conditions plus favorables à son épanouissement.

Prendre le temps de souffler, retrouver du plaisir dans des activités simples et partager des moments sans pression peuvent aider à recréer de la proximité.

Il ne s’agit pas de programmer la sexualité comme une tâche supplémentaire dans un agenda déjà surchargé. Il s’agit de redonner une place à la relation, à la tendresse et au plaisir d’être ensemble.

Comment apprendre à se déconnecter réellement du travail ?

La déconnexion ne se fait pas toujours naturellement. Elle peut nécessiter quelques ajustements, surtout lorsque nous avons pris l’habitude d’être joignables en permanence.

Voici quelques pistes pour commencer.

Fixer des horaires de disponibilité

Déterminer une heure à partir de laquelle les mails et les appels professionnels attendront le lendemain permet de créer une frontière plus claire entre le travail et la vie personnelle.

L’essentiel est de choisir des limites réalistes et compatibles avec ses responsabilités.

Couper les notifications professionnelles

Désactiver les alertes en dehors des horaires de travail évite d'être constamment interrompu. 

Pour certaines personnes, séparer le téléphone professionnel du téléphone personnel est également une solution efficace.

Prévenir son entourage professionnel

Indiquer ses dates d’absence, préciser quand les prises de rendez-vous reprendront et prévoir une solution adaptée en cas d’urgence permet de partir plus sereinement.

C’est ce que j’ai choisi de faire : prévenir que je serais injoignable, puis couper réellement mon téléphone professionnel.

Créer des moments sans téléphone à deux

Un repas, une promenade, une soirée ou un moment de détente peuvent devenir des espaces protégés.

L’idée n’est pas d’interdire les téléphones, mais de convenir ensemble de moments pendant lesquels chacun peut être pleinement présent.

Apprendre à tolérer le fait de ne pas répondre immédiatement

C’est parfois le plus difficile.Nous pouvons avoir l’impression qu’un message nécessite une réponse immédiate, alors qu’il peut souvent attendre quelques heures ou quelques jours.

Apprendre à différer certaines réponses permet progressivement de diminuer la pression ressentie et de retrouver une plus grande liberté dans l’organisation de son temps.

Préserver de vrais temps de repos

Les vacances ne devraient pas devenir une période pendant laquelle nous travaillons simplement depuis un autre endroit.

Il est important de garder des moments sans obligations, sans objectifs de productivité et sans culpabilité. 

Des moments pour découvrir, lire, marcher, rire, se reposer ou ne rien faire du tout.

Parce que nous n'avons pas besoin de rentabiliser chaque minute de notre existence.

Comment en parler à son partenaire sans créer de conflit ?

Lorsque le travail prend trop de place, les discussions peuvent rapidement devenir tendues.

Le partenaire qui attend peut finir par reprocher à l’autre d’être toujours sur son téléphone. Celui qui travaille peut avoir le sentiment que ses efforts ne sont pas reconnus.

Plutôt que de chercher à déterminer qui a raison, il peut être utile d’exprimer ce que chacun ressent et ce dont il a besoin.

Par exemple :« Je sais que ton travail est important pour toi et je respecte ton investissement. Mais lorsque tu réponds constamment à tes mails pendant nos moments ensemble, je me sens parfois seule, même lorsque tu es à côté de moi. J’aimerais que nous puissions préserver des moments où nous sommes vraiment disponibles l’un pour l’autre. »

Cette formulation permet de parler de son ressenti sans accuser l’autre. Il peut aussi être utile de réfléchir ensemble à des solutions concrètes : des horaires de déconnexion, une soirée sans téléphone ou des moments réservés au couple.

Et si le travail reste omniprésent malgré les discussions, il peut être intéressant d’explorer ce qui rend si difficile le fait de s’arrêter.

L’objectif n’est pas de demander à l’autre d’abandonner ses ambitions professionnelles, mais de trouver un équilibre dans lequel le travail et la vie personnelle peuvent coexister sans que l’un écrase systématiquement l’autre.

Se déconnecter du travail pour se reconnecter à soi

Cette pause m’a rappelé qu’il est possible de vivre autrement lorsque l’on accepte de ne pas être joignable en permanence.

Couper mon téléphone professionnel m’a permis de ne plus attendre de sollicitations, de profiter davantage de mes visites et d’être plus disponible pour les personnes qui m’accompagnaient.

Cela peut sembler simple. Pourtant, dans un quotidien où tout va vite, où les notifications se multiplient et où la disponibilité est parfois considérée comme une preuve d’engagement, cette décision représente un véritable choix.

Celui de remettre du temps et de la présence dans sa vie. Nous n’avons pas besoin d’être disponibles à chaque instant pour être de bons professionnels. Nous n’avons pas besoin de répondre immédiatement à chaque message pour être sérieux. Et nous n’avons pas à sacrifier systématiquement nos moments personnels pour prouver notre investissement.

Prendre soin de sa vie professionnelle, c’est aussi savoir protéger sa vie personnelle.

Parce qu’au-delà du travail, il y a les découvertes que nous souhaitons faire, les personnes que nous aimons, les souvenirs que nous voulons créer et les moments qui donnent du sens à notre quotidien.

Et dans un couple, il y a aussi ces instants précieux où l’on peut simplement être ensemble, sans écran, sans urgence et sans avoir l’esprit ailleurs.

Et vous, savez-vous vraiment vous déconnecter ?

Lorsque vous partez en vacances ou que vous rentrez chez vous le soir, parvenez-vous à mettre votre travail de côté ?Votre téléphone reste-t-il à portée de main ? 

Consultez-vous vos mails pendant les repas ou les moments passés avec votre partenaire ?

Ou avez-vous réussi à instaurer de véritables limites pour préserver votre équilibre et votre relation ?

Parfois, le premier pas vers une vie plus équilibrée consiste simplement à accepter de ne pas répondre tout de suite.

Et si, aujourd’hui, vous vous autorisiez à être pleinement là où vous êtes ?

Sandra Frieden – Fondatrice d'Athéa

J’accompagne les personnes et les couples dans leurs questionnements autour de l’intimité, du désir, de la sexualité et de la relation à soi et à l’autre.

Parce que prendre soin de son intimité commence aussi par prendre soin de l’espace que l’on laisse à sa vie personnelle.

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