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Les premières règles peuvent arriver sans prévenir : à la maison, à l’école, pendant une sortie ou chez une amie. 

Pour une jeune fille, cette première menstruation peut être vécue avec curiosité, mais aussi avec surprise, gêne ou inquiétude.

La meilleure façon de l’accompagner est d’en parler avant qu’elles arrivent. Préparer son enfant ne consiste pas seulement à acheter des protections hygiéniques : il s’agit aussi de lui permettre de comprendre son corps, de savoir ce qui va se passer et de poser ses questions sans honte.

Cette éducation concerne également les garçons, qui doivent apprendre à connaître les règles et à respecter les personnes menstruées.

Parler des premières règles avant leur arrivée

Il n’est pas nécessaire d’attendre la première menstruation pour expliquer ce que sont les règles. 

En parler progressivement permet de rendre le sujet plus naturel et d’éviter que l’enfant se sente démunie le moment venu.

Une publicité pour des protections, une question sur la puberté, un livre ou une conversation sur les changements du corps peuvent servir de point de départ. 

Il n’est pas nécessaire d’organiser une grande discussion : quelques échanges simples au fil du temps peuvent être plus faciles à vivre.

On peut par exemple dire :« Ton corps va progressivement changer en grandissant. Les règles font partie de ces changements et, si tu as des questions, tu pourras toujours venir m’en parler. »

L’objectif est que l’enfant puisse se dire, lorsque ses premières règles arriveront :« Je sais ce qui m’arrive. » Et surtout :« Je peux demander de l’aide. »

Préparer un kit pour les premières règles

Un petit kit peut être conservé à la maison et, si besoin, dans le sac d’école. Il peut contenir :

  • quelques serviettes hygiéniques ;
  • des serviettes de différentes tailles ou absorptions ;
  • une culotte de rechange ;
  • éventuellement un pantalon ou un short de rechange ;
  • une petite pochette pour transporter les protections ;
  • un sac discret pour mettre une protection usagée lorsqu’il n’y a pas immédiatement de poubelle à proximité.

D’autres protections peuvent ensuite être découvertes progressivement, comme les culottes menstruelles, les tampons ou les cups.

Choisir une protection adaptée

Les culottes menstruelles peuvent être une option intéressante, notamment parce qu’elles sont réutilisables et confortables pour certaines personnes. 

Au début des règles, il est toutefois important de choisir une taille adaptée à l’âge et à la morphologie de la jeune fille. Le corps continue de grandir pendant la puberté : la taille qui convient aujourd’hui pourra donc évoluer au fil des mois ou des années. 

Il peut être préférable de commencer par une protection facile à ajuster, comme une serviette, puis de tester progressivement la culotte menstruelle lorsque l’enfant se sent prête.

Certaines marques proposent des modèles spécialement conçus pour les adolescentes, avec des tailles adaptées aux plus jeunes morphologies.

Il n’est cependant pas nécessaire de tout acheter dès les premières règles. Il n’existe pas une protection universelle qui conviendrait à tout le monde.

L’essentiel est de permettre à l’enfant de découvrir les différentes possibilités et de choisir progressivement ce qui lui convient, en fonction de son confort, de son âge, de sa morphologie et de ses préférences.

Prévoir une trousse dans le sac d’école

Les premières règles peuvent survenir à tout moment. Avoir quelques protections dans une petite trousse peut donc rassurer l’enfant et l’aider à se sentir prête.

Si une tache apparaît sur un pantalon, il est important de garder son calme. Une tache de sang n’est pas une catastrophe et surtout, elle n’est pas une raison d’avoir honte.

L’enfant peut demander de l’aide à un adulte de confiance, utiliser une protection et se changer si nécessaire. 

Préparer cette situation à l’avance permet souvent de diminuer considérablement l’angoisse.

Expliquer simplement ce que sont les règles

Le vocabulaire peut rester simple et adapté à l’âge de l’enfant. 

On peut expliquer que les règles correspondent à un saignement naturel qui revient généralement de manière cyclique après le début de la puberté. 

Les premiers cycles peuvent être irréguliers. La durée des règles, leur abondance et les sensations ressenties peuvent également varier d’une personne à l’autre.

Certaines personnes ont mal, tandis que d’autres ressentent peu de symptômes. Les règles peuvent aussi s’accompagner de fatigue, d’une sensibilité des seins ou de changements émotionnels.

L’essentiel est de transmettre une information rassurante sans minimiser ce que l’enfant peut ressentir.

On peut dire :« Les règles peuvent parfois être inconfortables ou douloureuses. Si tu as mal ou si quelque chose t’inquiète, tu peux m’en parler. »

Éviter les phrases qui banalisent

Même lorsqu’elles sont prononcées avec de bonnes intentions, certaines phrases peuvent être maladroites.

Par exemple : « Ce n’est rien, toutes les femmes ont leurs règles. »

Ou :« Maintenant tu es une femme. »

Les premières règles ne font pas soudainement passer une enfant dans le monde des adultes. Elles constituent simplement une étape de la puberté et du développement du corps. Il est donc possible de parler des changements qui arrivent sans ajouter de pression.

On peut plutôt lui dire :« Ton corps grandit et change. Tu vas découvrir progressivement ces changements et tu peux prendre le temps de les comprendre. »

Informer aussi les garçons

Les garçons doivent eux aussi être informés sur les règles. Ils peuvent avoir une sœur, une camarade de classe, une amie ou, plus tard, une partenaire.

Connaître les règles permet de comprendre ce que vit l’autre et de normaliser un phénomène qui ne devrait jamais être source de moqueries.

On peut leur expliquer :« Les règles font partie du fonctionnement du corps de certaines personnes. Si une camarade a ses règles ou a besoin d’une protection, elle peut avoir besoin d’aide. Ce n’est pas quelque chose dont on se moque. »

Quelques protections peuvent être conservées à la maison ou même dans le sac de l’enfant. Un garçon peut un jour se trouver dans la cour de l’école lorsqu’une camarade a besoin d’une serviette. 

Pouvoir lui en donner une, sans rire ni commentaire déplacé, est une façon concrète d’apprendre le respect et la solidarité.

Une protection peut devenir un geste de solidarité

Apprendre aux garçons à tendre une serviette à une camarade peut sembler anodin. Pourtant, pour une jeune fille qui vient d’avoir ses premières règles à l’école, cela peut représenter un véritable soulagement.Éduquer nos filles à connaître leur corps, c’est essentiel.

Éduquer nos garçons à respecter celui des autres, ça l’est tout autant.

Rappeler que les règles ne sont pas sales

C’est l’un des messages les plus importants à transmettre.

Le sang menstruel n’est pas sale. Les règles ne rendent pas une personne sale. Une culotte tachée ne signifie pas que l’on a fait quelque chose de mal.

Avoir ses règles ne devrait jamais être une source de honte.

Les enfants peuvent entendre des blagues ou des remarques à l’école. 

Les parents ont donc un rôle important à jouer pour construire un autre discours à la maison : un discours où l’on peut parler du corps avec des mots simples, sans dégoût et sans gêne.

Savoir quand consulter

Les premières règles sont différentes pour chaque jeune fille et les premiers cycles peuvent être irréguliers.

Certaines situations méritent toutefois d’être évoquées avec un professionnel de santé, notamment en cas de douleurs très importantes, de saignements particulièrement abondants, de malaise ou lorsque quelque chose inquiète réellement l’enfant ou son parent.

L’objectif n’est pas de s’inquiéter au moindre changement, mais d’apprendre à écouter son corps et à demander de l’aide lorsque cela est nécessaire.

L’essentiel à retenir

Avant même d’acheter des protections, il y a quelque chose de précieux à préparer : la conversation.

Une enfant qui sait ce que sont les règles, qui possède quelques protections et qui sait à qui demander de l’aide sera mieux préparée. 

Un garçon qui comprend les règles et sait qu’il n’y a rien de drôle ou de honteux à aider une camarade aura également appris une leçon essentielle de respect.

Les premières règles sont une occasion de parler du corps, de l’intimité, de la confiance et de la solidarité. Il n’est pas nécessaire d’avoir les mots parfaits : il suffit parfois de laisser une porte ouverte. 

« Si un jour tu as une question sur ton corps, même si tu la trouves bizarre ou gênante, tu peux venir m’en parler. »

Parler du corps, de la puberté, de la sexualité et de l’intimité peut commencer bien avant l’âge adulte. 

L’objectif est de donner aux enfants des repères adaptés à leur âge pour les aider à grandir avec une relation plus sereine à leur corps et à celui des autres.

Sandra Fondatrice d'Athéa

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