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Chaque année, le mois d’octobre se pare de rose pour sensibiliser au cancer du sein, encourager le dépistage et rappeler l’importance de prendre soin de sa santé. 

Une mobilisation essentielle, mais qui peut aussi être l’occasion d’élargir notre regard sur la santé des femmes. 

Car derrière le dépistage et les traitements, il y a des femmes dont la vie peut être profondément bouleversée par la maladie.

La santé des femmes, c’est aussi toutes ces maladies dont on parle moins

Le cancer du sein est aujourd’hui particulièrement présent dans les campagnes de sensibilisation, mais il n’est pas le seul cancer auquel les femmes peuvent être confrontées. Cancer du col de l’utérus, cancer de l’ovaire, cancer de l’endomètre… 

Ces maladies touchent elles aussi des femmes et peuvent avoir des conséquences importantes sur leur quotidien, leur corps et leur vie personnelle.

Au-delà des cancers, de nombreuses maladies gynécologiques ou chroniques peuvent également s’inscrire dans la vie d’une femme pendant des mois ou des années. 

Elles peuvent entraîner des douleurs, de la fatigue, des bouleversements hormonaux, des difficultés dans la vie quotidienne ou encore une relation différente à son propre corps.

Parler de la santé des femmes, c’est donc aussi parler de toutes ces réalités, y compris celles qui sont parfois moins visibles.

Quand la maladie touche bien plus que le corps

Une maladie ne s’arrête pas à son diagnostic ou à la fin d'un traitement. 

Elle peut modifier profondément la manière dont une femme habite son corps et regarde son reflet. Une cicatrice, une opération, une perte ou une prise de poids, une modification de la poitrine, une chute des cheveux, des changements hormonaux ou simplement le sentiment de ne plus reconnaître son corps peuvent venir bouleverser l’image de soi.

Il faut parfois réapprendre à vivre avec ce nouveau corps, retrouver confiance, retrouver des sensations et, parfois, retrouver une féminité que l’on a pu avoir l’impression de perdre.

Et cette dimension est importante, car la santé ne concerne pas seulement ce que l’on voit sur un examen médical. Elle concerne aussi la façon dont on se sent dans sa vie et dans son corps.

La maladie peut aussi toucher la vie intime et le couple

La sexualité est souvent l’un des sujets dont on parle le moins lorsqu’une femme traverse une maladie, alors qu’elle peut être directement impactée.

La fatigue, les douleurs, les traitements, les changements hormonaux, la sécheresse, la diminution du désir ou certaines interventions peuvent modifier la vie sexuelle. Les rapports peuvent devenir différents, parfois difficiles ou douloureux. 

Certaines femmes peuvent ne plus avoir envie de sexualité pendant un temps, tandis que d’autres peuvent ressentir le besoin de retrouver rapidement cette partie de leur vie.Il n’y a pas une seule façon de vivre ces changements.

Dans le couple également, la maladie peut venir modifier les habitudes, la communication, la proximité et la place de la sexualité. 

Le partenaire peut lui aussi se retrouver avec des interrogations : comment accompagner sans être trop présent ? Comment retrouver de la complicité ? Comment continuer à se sentir couple lorsque la maladie prend autant de place ?

Parfois, il faut simplement du temps. Parfois, il faut pouvoir en parler.

Prendre soin de la femme dans son ensemble

C’est peut-être aussi cela que peut nous rappeler Octobre Rose : prendre soin de sa santé ne signifie pas uniquement prévenir une maladie ou suivre un traitement.

C’est aussi pouvoir être accompagnée dans ce que la maladie vient changer dans notre vie.

Pouvoir parler de son rapport au corps, de sa féminité, de son désir, de sa sexualité, de ses douleurs ou de ses difficultés dans le couple. 

Pouvoir poser des questions que l’on n’ose pas toujours poser à son médecin ou à son entourage. 

Pouvoir être entendue sans avoir à minimiser ce que l’on ressent. 

Parce qu’une femme qui traverse ou a traversé une maladie reste une femme avec des envies, une intimité, une histoire, des relations, des projets et une vie qui continue.

Et si Octobre Rose était aussi l’occasion de penser à soi ?

Octobre Rose nous rappelle l’importance du dépistage et de la prévention. 

Mais il peut aussi être une invitation à nous demander comment nous allons réellement.

Comment est-ce que je vis dans mon corps aujourd’hui ? 

Est-ce que ma maladie ou mes traitements ont changé ma vie intime ? 

Est-ce que mon désir a changé ? 

Est-ce que je rencontre des difficultés dans mon couple ? 

Est-ce que j’ai besoin d’en parler ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre que la difficulté devienne trop importante pour demander de l’aide.

Les consultations

Dans le cadre de mes consultations en sexothérapie, j’accompagne les femmes et les couples qui traversent des difficultés liées à leur intimité, leur sexualité ou leur relation de couple, notamment lorsque la maladie ou les traitements ont modifié leur rapport au corps et à l’autre.

Les consultations peuvent permettre de mettre des mots sur ce qui a changé, de mieux comprendre ses réactions, de retrouver progressivement confiance dans son corps, de réinvestir sa vie intime ou simplement d’avoir un espace pour parler librement de sujets parfois difficiles à aborder ailleurs.

Parce qu’après la maladie, il ne s’agit pas seulement de « revenir comme avant ». 

Il peut aussi s’agir de se retrouver autrement, à son rythme, avec le corps et la vie que l’on a aujourd’hui.

Et prendre soin de cette partie de soi fait pleinement partie de la santé.

Sandra Frieden

Fondatrice d'Athéa

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