À l’occasion de la Journée mondiale de la santé sexuelle, le 4 septembre, prenons un instant pour regarder le chemin parcouru.
Pendant longtemps, parler de santé sexuelle signifiait surtout parler de contraception, de grossesse, d’infections sexuellement transmissibles ou de prévention.
Aujourd’hui, notre vision de la santé sexuelle s’est considérablement élargie.Elle ne concerne plus uniquement les risques ou les difficultés.
Elle englobe également le bien-être, le plaisir, le consentement, les relations, l’intimité, le désir et la possibilité pour chacun de vivre sa sexualité de manière libre, respectueuse et épanouissante.
La santé sexuelle fait partie intégrante de la santé globale.Elle concerne notre rapport à notre corps, à notre sexualité, à nos émotions et à nos relations.
Elle peut évoluer tout au long de la vie, en fonction de notre histoire, de nos expériences, de notre environnement et des différentes étapes que nous traversons.
Être en bonne santé sexuelle ne signifie donc pas avoir une sexualité « parfaite ».
Il n’existe d’ailleurs pas une seule manière de vivre sa sexualité.La santé sexuelle consiste notamment à pouvoir vivre sa sexualité dans le respect de soi et de l’autre, sans violence, sans contrainte et sans discrimination.
Pendant de nombreuses années, la prévention a occupé une place centrale dans les politiques de santé sexuelle.La contraception, la prévention des IST, la protection contre le VIH ou encore l'information sur la reproduction ont permis des avancées essentielles. Ces sujets restent évidemment fondamentaux.
Mais la sexualité ne peut pas être réduite à la prévention des risques.
Une personne peut, par exemple, ne présenter aucun problème médical et pourtant rencontrer des difficultés dans sa vie sexuelle : manque de désir, douleurs, difficultés à communiquer, perte de confiance, questionnement sur son orientation ou encore décalage de désir dans le couple.
C'est pourquoi la notion de bien-être sexuel a progressivement pris une place importante.
L'évolution de la santé sexuelle passe également par une meilleure compréhension du consentement.
Le consentement ne concerne pas uniquement le fait d'accepter ou de refuser un rapport sexuel. Il implique de pouvoir exprimer ses envies, ses limites et ses changements d'avis.
Dire oui à un moment donné ne signifie pas nécessairement vouloir continuer.
Pouvoir dire non, ralentir, arrêter ou simplement ne pas avoir envie doit pouvoir être entendu et respecté.
Parler de consentement, c'est donc aussi parler de respect, de communication et de sécurité dans les relations.
Pendant longtemps, la sexualité a souvent été abordée sous l'angle de la reproduction ou des risques.
Aujourd'hui, nous pouvons également parler plus librement de plaisir et de désir.
Le plaisir sexuel n'est pas un luxe et le désir n'est pas une obligation.
Le désir peut varier au cours de la vie. Il peut être influencé par les émotions, la fatigue, le stress, les événements de vie, la relation de couple, l'image de soi ou encore certains changements hormonaux.
Il n'existe donc pas de « niveau normal » de désir auquel tout le monde devrait correspondre.
Ce qui compte, c'est de pouvoir comprendre son propre fonctionnement et d'identifier ce qui nous convient.
L'une des évolutions importantes est également de reconnaître que la sexualité ne disparaît pas avec l'âge. Elle peut simplement se transformer.
Adolescence, jeune adulte, parentalité, changements hormonaux, vieillissement, nouvelle relation, séparation ou célibat : chaque période de la vie peut modifier notre rapport à la sexualité.Le désir, le corps, les pratiques et les attentes peuvent évoluer.
Et cette évolution est normale.Il n'est jamais trop tard pour se questionner, s'informer ou prendre soin de sa santé sexuelle.
L'accès à une information fiable constitue également un enjeu majeur.
Internet permet aujourd'hui d'accéder à une quantité considérable d'informations sur la sexualité. Mais toutes ne sont pas fiables, et certaines représentations peuvent créer des attentes irréalistes.
Pornographie, réseaux sociaux, normes corporelles, injonctions à la performance… nous sommes régulièrement confrontés à des images qui peuvent influencer notre perception de la sexualité.
D'où l'importance de pouvoir trouver des espaces où les questions peuvent être posées sans honte et sans jugement.
Parler de sexualité ne devrait pas être réservé aux situations de crise.
On peut consulter ou s'informer simplement parce qu'on se pose une question, parce qu'on souhaite mieux comprendre son désir, améliorer sa communication dans le couple ou retrouver une sexualité plus sereine.
L'avenir de la santé sexuelle passe aussi par une approche davantage centrée sur les personnes et leurs réalités.Chaque histoire est différente.
Chaque couple est différent. Chaque corps est différent. Et chaque personne peut avoir une relation différente à sa sexualité.
La santé sexuelle de demain devra continuer à favoriser l'information, la prévention, le consentement, l'accès aux soins et l'écoute, tout en laissant davantage de place au plaisir, au bien-être et à la diversité des parcours.
L'évolution de la santé sexuelle montre finalement quelque chose d'essentiel : la sexualité fait partie de la vie et de la santé globale.
En prendre soin, ce n'est pas uniquement prévenir une IST ou éviter une grossesse.
C'est aussi apprendre à connaître son corps, écouter ses besoins, respecter ses limites, communiquer avec son ou sa partenaire et pouvoir demander de l'aide lorsque quelque chose nous questionne.
La santé sexuelle n'est pas une performance à atteindre.
C'est un équilibre qui peut évoluer au fil de notre vie.
À l'occasion de la Journée mondiale de la santé sexuelle, le 4 septembre, faisons de la place aux questions, aux échanges et à l'information.
Parce que parler de santé sexuelle, c'est aussi parler de bien-être, de liberté, de respect et de qualité de vie.
Et surtout, rappelons-nous une chose : il n'y a pas de honte à se poser des questions sur sa sexualité. Il y a simplement des choses que l'on n'a parfois jamais appris à nommer.
Sandra Fondatrice d'Athéa