Essayer d’avoir un enfant est souvent imaginé comme une période heureuse, pleine de projets et de complicité.
Pourtant, lorsque les mois passent sans grossesse, cette période peut devenir émotionnellement plus complexe. Ce qui était au départ une sexualité spontanée et tournée vers le plaisir peut progressivement être influencé par le désir de concevoir.
Le cycle, l’ovulation, les périodes fertiles et l’attente des règles peuvent alors prendre une place importante dans la vie intime du couple.
Que la conception se fasse naturellement ou dans le cadre d’un parcours de PMA, le désir d’enfant peut ainsi modifier la manière dont les partenaires vivent leur sexualité.
Comment continuer à préserver son intimité lorsque faire l’amour semble parfois devenir un « moyen » d’obtenir une grossesse ? Comment continuer à se désirer, à se toucher et à se retrouver lorsque l’attente prend beaucoup de place ?
Au début, tout peut sembler simple. Le couple arrête la contraception et laisse les choses se faire naturellement. Les rapports restent spontanés et le projet de grossesse est souvent vécu avec enthousiasme.
Puis les semaines passent, parfois les mois, et la grossesse ne vient pas.C’est souvent à ce moment que la sexualité peut commencer à changer.
On observe davantage son cycle, on repère son ovulation, on utilise une application ou des tests et l’on commence à connaître précisément les jours où les chances de conception sont les plus importantes. Sans forcément le vouloir, les rapports peuvent alors devenir plus programmés.
Cette organisation peut donner naissance à une nouvelle forme de pression. Il peut y avoir cette impression qu’il « faut » avoir un rapport aujourd’hui parce que c’est le bon moment, même lorsque le désir n’est pas réellement présent.
Le rapport sexuel peut alors devenir une tâche à accomplir plutôt qu’un moment de rencontre et de plaisir. Lorsque plusieurs cycles se succèdent sans grossesse, chaque nouvelle menstruation peut également être vécue comme une déception. Il faut alors recommencer, attendre à nouveau, espérer à nouveau.
Cette succession d’espoir et de déception peut être fatigante émotionnellement et avoir des répercussions sur la sexualité du couple.
Progressivement, certains couples peuvent avoir le sentiment que leur sexualité tourne essentiellement autour de la conception. Les rapports sont davantage présents autour de l’ovulation et peuvent devenir moins spontanés le reste du temps.
Le désir peut alors être confronté à une question qui n’était pas présente auparavant : « Est-ce que j’ai envie de faire l’amour ou est-ce que j’ai envie d’avoir un bébé ? »
Ces deux envies peuvent évidemment coexister, mais elles ne sont pas identiques. Le désir d’enfant est un projet, parfois très fort, alors que le désir sexuel est lié au corps, aux émotions, à la relation, au plaisir et à la disponibilité du moment.
Il n’apparaît pas nécessairement parce que le calendrier indique que c’est le bon jour. Lorsque la sexualité devient trop centrée sur la conception, le mental peut également prendre beaucoup de place. On peut réfléchir au moment du cycle, à la fréquence des rapports, à ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire.
Le corps, qui devrait pouvoir être un espace de sensations et de plaisir, peut alors être vécu comme un outil au service d’un objectif.
Le parcours de PMA peut accentuer cette transformation de la relation au corps et à la sexualité. Les rendez-vous médicaux, les examens, les traitements et l’attente des résultats peuvent progressivement occuper une grande place dans le quotidien. La conception, qui était auparavant vécue dans l’intimité du couple, entre davantage dans le champ médical.
Cette médicalisation peut avoir des conséquences différentes selon les personnes.
Certaines peuvent ressentir une fatigue importante, une diminution du désir ou une difficulté à se sentir disponibles sexuellement.
D’autres peuvent avoir besoin de davantage de proximité avec leur partenaire pour traverser cette période. Il peut également exister une sensation de déconnexion avec son propre corps, particulièrement lorsque celui-ci devient régulièrement observé, examiné ou soumis à des traitements.
La sexualité peut alors être prise entre plusieurs réalités : le désir d’enfant, les recommandations médicales, la fatigue, les émotions et le besoin de préserver une relation de couple qui ne se résume pas au projet parental.
Il est également important de ne pas oublier que chacun peut vivre cette période différemment. La personne qui porte les traitements et les examens peut ressentir une forte implication physique et émotionnelle. Elle peut parfois avoir le sentiment que son corps est au centre de tout le parcours, avec de l’espoir, de l’impatience, de la déception ou parfois de la culpabilité.
L’autre partenaire peut également traverser des émotions importantes, même si son expérience corporelle est différente. Il peut ressentir de l’impuissance, de la frustration, de la peur de ne pas savoir comment aider ou encore la crainte de mettre davantage de pression sur l’autre. Il peut aussi avoir envie de retrouver une sexualité plus spontanée sans savoir comment le dire.
Ces différences de vécu peuvent parfois créer des incompréhensions.
L’un peut rechercher davantage de rapports pour se sentir proche de l’autre, tandis que l’autre peut avoir besoin de ne plus associer chaque rapprochement à la conception.
L’un peut parler beaucoup du projet bébé, tandis que l’autre peut avoir besoin de moments où le sujet est complètement mis de côté.
Aucune de ces réactions ne signifie nécessairement qu’il y a un problème dans le couple. Elles peuvent simplement traduire deux façons différentes de traverser une période qui demande beaucoup d’énergie émotionnelle.
Préserver son intimité pendant cette période ne signifie pas renoncer au projet d’enfant. Il s’agit plutôt de faire une place à la sexualité en dehors de cet objectif.
Le couple peut continuer à avoir des rapports pendant les périodes où la conception n’est pas recherchée, mais aussi retrouver d’autres formes d’intimité : se prendre dans les bras, s’embrasser, se masser, dormir enlacés, prendre du temps à deux ou simplement retrouver des moments de complicité.
La sensualité peut également permettre de renouer avec son corps sans attente particulière. Se toucher, prendre soin de soi, redécouvrir certaines sensations ou partager un moment de proximité sans chercher à aller jusqu’au rapport sexuel peut aider à sortir progressivement de cette logique de performance.
L’idée n’est pas de se forcer à avoir davantage de rapports. Au contraire, il peut être intéressant de retrouver une sexualité où chacun peut exprimer ce dont il a réellement envie, sans que chaque rapprochement soit immédiatement associé à la possibilité d’une grossesse.
Cela peut également passer par des moments de couple où le projet bébé n’est volontairement pas au centre des conversations. Sortir, voyager, rire ensemble, partager une activité, se séduire ou simplement passer une soirée sans parler de cycles, d’examens ou de résultats peut sembler anodin, mais contribue à préserver l’identité du couple.
Le désir de devenir parent peut prendre énormément de place. Il peut devenir le fil conducteur du quotidien, au point que le couple risque parfois de ne plus exister qu’à travers ce projet commun.
Pourtant, avant d’être deux personnes qui essaient d’avoir un enfant, vous êtes deux personnes qui se sont rencontrées, choisies, aimées et désirées. Votre relation mérite de continuer à exister en dehors de la conception.
La sexualité n’a pas besoin d’être parfaite pendant cette période. Elle peut être différente, plus fragile, parfois moins présente. Le désir peut évoluer et les besoins de chacun peuvent changer.
L’essentiel est de pouvoir continuer à communiquer et à préserver un espace dans lequel vous êtes simplement deux partenaires, et non uniquement deux personnes qui attendent une grossesse.
Lorsque les rapports deviennent systématiquement associés à la pression, à l’obligation ou à la peur de ne pas réussir à concevoir, il peut être utile de ne pas rester seul avec ces difficultés.
Une baisse du désir, des tensions dans le couple, une sexualité devenue mécanique ou l’impression de ne plus savoir comment se retrouver peuvent être des signes qu’un accompagnement pourrait vous aider.
Un accompagnement en sexologie ou autour de l’intimité peut permettre de mettre des mots sur ce que chacun ressent, de mieux comprendre les besoins des deux partenaires et de retrouver progressivement une sexualité plus libre, plus douce et davantage connectée au plaisir qu’à la performance.
Si votre projet de grossesse prend beaucoup de place dans votre sexualité ou dans votre relation de couple, vous n’avez pas à attendre que la situation devienne douloureuse pour demander de l’aide.
Dans le cadre d’un accompagnement individuel ou en couple, je vous propose un espace d’écoute et de réflexion pour vous permettre de retrouver une relation plus apaisée à votre corps, à votre désir et à votre intimité, que vous soyez dans un projet de conception naturelle ou dans un parcours de PMA.
Parce que devenir parent ne devrait pas signifier cesser d’être amoureux, désirant et connecté à soi.
Vous pouvez prendre le temps d’avancer à votre rythme et de retrouver une intimité qui vous ressemble.
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Sandra Fondatrice d'Athée