15 min lu

Derrière les œuvres qui dénoncent les violences se cachent des réalités humaines, des blessures parfois invisibles et des parcours de reconstruction. 

Comprendre les conséquences des violences sexuelles et savoir vers qui se tourner peut constituer un premier pas vers l'accompagnement.

Quand l'art dénonce les violences faites aux femmes

Certaines expositions nous émerveillent. D'autres nous bouleversent, nous interrogent et nous confrontent à des réalités que nous préférerions parfois ne pas voir.

Lors d'une récente découverte artistique, j'ai été particulièrement marquée par la force des messages abordés : violences sexuelles, contrôle du corps féminin, crimes de guerre, pression sociale autour de la beauté et dangers d'Internet.

Ces œuvres m'ont amenée à réfléchir à la place des violences faites aux femmes dans notre société, mais aussi aux conséquences qu'elles peuvent avoir sur le corps, l'intimité et la confiance en soi.

L'art possède cette capacité singulière de rendre visibles des sujets difficiles à exprimer. Il peut susciter une émotion, provoquer une prise de conscience et ouvrir un dialogue essentiel.

Mais au-delà de la sensibilisation, une question demeure : quels accompagnements existent pour les femmes victimes de violences, et comment retrouver progressivement un sentiment de sécurité après de telles expériences ?

Violences sexuelles : quelles conséquences sur le corps et l'intimité ?

Les violences sexuelles peuvent avoir des répercussions physiques, psychologiques, émotionnelles et relationnelles. 

Chaque personne réagit différemment, selon son histoire, les circonstances vécues et les ressources dont elle dispose.

Pour certaines victimes, les conséquences peuvent apparaître immédiatement. 

Pour d'autres, elles se manifestent plus tard, parfois dans leur vie affective ou sexuelle.

Les conséquences psychologiques et émotionnelles

Après des violences, certaines personnes peuvent ressentir de la peur, de la colère, de la honte, de la culpabilité ou une perte de confiance en elles.

Il peut également devenir difficile de se sentir en sécurité, de faire confiance aux autres ou d'exprimer ses besoins.

Ces réactions ne sont ni systématiques ni identiques d'une personne à l'autre. Elles peuvent néanmoins rendre le quotidien plus difficile et justifier un accompagnement adapté.

Il est essentiel de rappeler que la responsabilité des violences appartient toujours à la personne qui les commet, jamais à la victime.

Les conséquences sur la sexualité et la relation au corps

Les violences sexuelles peuvent également affecter le rapport au corps et à l'intimité.

Certaines femmes peuvent notamment rencontrer :

  • une diminution ou une disparition du désir sexuel ;
  • des difficultés à ressentir du plaisir ;
  • une appréhension des contacts physiques ;
  • des douleurs ou des tensions lors des rapports ;
  • des difficultés à poser leurs limites ou à exprimer leurs envies ;
  • un sentiment de déconnexion avec leur corps.

Ces difficultés peuvent avoir différentes origines et nécessitent une écoute individualisée. Elles ne signifient pas qu'une personne est incapable de retrouver une vie intime satisfaisante.

La reconstruction ne consiste pas à retrouver obligatoirement la sexualité d'avant. Elle peut aussi permettre de découvrir une nouvelle manière d'habiter son corps, de respecter ses besoins et de choisir librement ce qui lui convient.

Il n'existe aucun délai imposé pour se reconstruire, ni aucune obligation de retrouver une sexualité avant de se sentir prête.

Quels accompagnements pour les femmes victimes de violences ?

Demander de l'aide peut être difficile. La peur de ne pas être crue, le sentiment de culpabilité, la dépendance envers l'auteur des violences ou la crainte des conséquences peuvent retarder cette démarche.

Pourtant, plusieurs formes d'accompagnement existent. Elles peuvent être complémentaires et s'adapter aux besoins de chaque personne.

1. L'accompagnement psychologique après des violences

Un psychologue, notamment formé au psychotraumatisme, peut accompagner les conséquences émotionnelles et psychologiques des violences.

Cet accompagnement peut aider à comprendre certaines réactions, à retrouver progressivement un sentiment de sécurité et à travailler sur les difficultés qui persistent.I

l ne s'agit pas d'effacer le passé, mais de permettre à la personne de ne plus être seule face à ce qu'elle traverse.

Le rythme et les modalités du suivi doivent être adaptés à son vécu et à ses besoins.

2. L'accompagnement médical

Un médecin ou un professionnel de santé peut évaluer les conséquences physiques et psychologiques, proposer des soins et orienter vers des spécialistes si nécessaire.

En cas de violences sexuelles récentes, une consultation rapide permet également d'évaluer les besoins en matière de prévention des infections sexuellement transmissibles, de contraception d'urgence, de soins et de constatations médicales.

Même lorsque les violences sont anciennes, il reste possible de consulter pour parler de leurs conséquences sur la santé.

3. Les associations spécialisées dans les violences faites aux femmes

Les associations d'aide aux victimes constituent une ressource importante pour les personnes qui ne savent pas vers qui se tourner.

Selon les structures, elles peuvent proposer une écoute, des informations sur les droits, un accompagnement dans les démarches et une orientation vers des professionnels ou des dispositifs adaptés.

Elles peuvent aussi aider à réfléchir aux solutions possibles lorsqu'une personne est encore exposée à des violences conjugales ou à des menaces.

Se renseigner auprès d'une association ne signifie pas nécessairement être prête à porter plainte. Il est possible de commencer par demander des informations et d'avancer à son rythme.

4. La sexothérapie : retrouver une relation plus sereine à son intimité

Les conséquences des violences peuvent parfois se prolonger dans la vie intime, même lorsque la personne se sent aujourd'hui en sécurité.

Le désir, le plaisir, la confiance et la relation au corps peuvent être fragilisés. La personne peut avoir besoin de temps pour comprendre ses ressentis, identifier ses limites et retrouver une intimité qui lui corresponde.

Un accompagnement en sexothérapie peut, lorsque cela est adapté et souhaité, aider à explorer ces difficultés, à mettre des mots sur son vécu et à renouer progressivement avec ses besoins et ses sensations.

Il ne s'agit jamais de forcer une reprise des rapports sexuels ni de fixer un objectif de performance ou de résultat. Le consentement, le respect des limites et le rythme de la personne restent essentiels.En présence de symptômes importants de psychotraumatisme, cet accompagnement peut s'inscrire en complément d'un suivi psychologique ou médical spécialisé.

Chez Athéa, l'approche de l'intimité repose sur une idée fondamentale : chacun doit pouvoir retrouver sa liberté de choix, sans pression ni culpabilité.

Où trouver de l'aide en France après des violences sexuelles ?

Si vous êtes victime de violences, ou si vous accompagnez une personne concernée, plusieurs dispositifs peuvent vous orienter.

  • 3919 – Violences Femmes Info : écoute, information et orientation pour les femmes victimes de violences. Ce numéro n'est pas un numéro d'urgence.
  • 116 006 – France Victimes : information et accompagnement des victimes d'infractions, notamment pour connaître leurs droits et les possibilités de soutien.
  • 17 ou 112 : en cas de danger immédiat.
  • 114 : dispositif d'urgence accessible notamment par SMS pour les personnes qui ne peuvent pas téléphoner.
  • 0 800 05 95 95 – Viols Femmes Informations : écoute et information concernant le viol et les agressions sexuelles.

Vous pouvez également vous adresser à un professionnel de santé, à un centre spécialisé ou à une association locale d'aide aux victimes.

Si vous êtes en danger immédiat, votre sécurité est prioritaire. 

En cas de difficulté à demander de l'aide sans risque, un professionnel ou une association spécialisée peut vous aider à envisager les démarches les plus adaptées à votre situation.

Sensibiliser aux violences, c'est aussi ouvrir des chemins vers la reconstruction

Cette exposition m'a rappelé que l'art ne sert pas uniquement à nous émerveiller. Il peut aussi nous confronter à des réalités difficiles, questionner les normes sociales et rendre visibles des souffrances trop souvent passées sous silence.

Mais la sensibilisation doit pouvoir aller plus loin que l'émotion.

Parler des violences faites aux femmes, c'est également informer sur les ressources existantes, rappeler que les victimes ne sont pas responsables de ce qu'elles ont subi et rendre les accompagnements plus accessibles.

C'est reconnaître que derrière chaque histoire, il y a une personne avec son propre vécu, ses besoins et son rythme. La reconstruction ne suit pas une ligne droite. 

Elle peut passer par des étapes différentes : être écoutée, comprendre ce qui se joue, recevoir des soins, retrouver confiance, poser des limites ou réapprendre à se sentir bien dans son corps.

Chaque étape compte.

Chez Athéa, donner une place au corps, à l'intimité et au bien-être féminin

Avec Athéa, je souhaite contribuer à ouvrir des espaces de réflexion autour du bien-être féminin, de la relation à soi, du corps, de l'intimité et de la sexualité.

Parce que prendre soin de soi, c'est aussi pouvoir parler de ce qui fait mal, être entendue sans jugement et trouver un accompagnement adapté lorsque cela devient nécessaire.Il ne s'agit pas de minimiser les violences ni de prétendre qu'une seule approche peut répondre à toutes les situations. Il s'agit plutôt de rappeler qu'il existe des ressources et que personne ne devrait avoir à traverser ces difficultés seule.

L'art peut éveiller les consciences. L'information peut aider à comprendre. L'accompagnement peut offrir un soutien pour avancer.

Et parfois, le premier pas vers la reconstruction consiste simplement à rencontrer quelqu'un qui sait écouter.

Sandra Frieden — Fondatrice d'Athéa

Article d'information et de sensibilisation. Il ne remplace pas un avis médical, psychologique ou juridique personnalisé.

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.